Système de riziculture intensive : Une technique pour accroître la production du riz

Cette technique contribuera en 10 ans à l’augmentation de 10% de la production nationale de riz. Ce qui profitera à 244.962 producteurs/productrices pour un coût estimé à 14 milliards de Fcfa

Le Centre des innovations vertes pour le secteur agro-alimentaire de la GIZ Mali (CIV/GIZ-Mali), a fait hier la promotion du Système de riziculture intensive (SRI). C’était à l’occasion d’un atelier de partage du Programme national de système de riziculture intensif (PN-SRI). Objectif de cette initiative de la Coopération allemande au développement (GIZ) : procéder à une large information des acteurs et des partenaires sur le document du PN-SRI afin que chacun puisse jouer pleinement son rôle dans sa diffusion et son adoption.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed. On y notait la présence du directeur national de l’agriculture, Adama Tamboura, de celui du Cluster agriculture innovante et sécurité alimentaire nutritionnelle (AgrISAN/Passip), Jürgen Hörner et du président de l’Interprofessionnelle riz (Ifriz), Faliry Boly.

Le SRI est une nouvelle technique de production de riz qui permet d’économiser une grande quantité d’intrants agricoles. À titre d’exemple, il est utilisé 8 kg de semence aujourd’hui, contre 50 kg ou 60 kg auparavant par hectare, 72 kg d’urée contre 200 kg. S’y ajoute une économie de 30 à 40% d’eau, avec un rendement de 4 à 8 tonnes en moyenne, doublant ainsi la production habituelle. «Cette technique est un moyen de booster la production du riz au Mali et un moyen d’adaptation au changement climatique, notamment la rareté de pluviométrie et la baisse du niveau du fleuve Niger», a salué le coordinateur de la Chaîne de valeur riz/Centre d’innovation verte, Djiguiba Kouyaté.

En conséquence, le PN-SRI contribuera en 10 ans à l’augmentation de 10% de la production nationale de riz prévue par la Stratégie nationale de développement de la riziculture (SNDR) et à l’exportation de l’excédent, relèvera le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. En outre, ajoutera Mahmoud Ould Mohamed, tout ceci est fait dans une vision de consolidation de la souveraineté et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali. Cette augmentation concernera en 2025, 244.962 producteurs/productrices et coûtera 14 milliards de Fcfa sur 10 ans et sur plus d’un million d’hectares, selon les responsables du projet.

En la matière, le Programme national du système de riziculture intensif est articulé autour de la capitalisation des acquis méthodologiques et techniques, l’élargissement des Partenariats techniques et financiers et le renforcement des capacités techniques et économiques des acteurs. Il œuvre pour la mise à l’échelle fortement mécanisée du SRI à travers la levée des contraintes au développement de l’ensemble des segments de la filière riz, la dynamisation des organisations faîtières, le renforcement des cadres de coopération et de partenariats inclusifs, le raffermissement des capacités d’encadrement et de conseils agricoles de l’État. Il participe à la mise en place des dispositifs et outils appropriés de gestion et de suivi évaluation.

Le SRI a commencé en 2007-2008 à Goundam suivi par l’Initiative intégrée pour la croissance économique de l’USAID, qui l’a introduit dans les différents bassins. À partir de 2015, le CIV s’est impliqué dans sa diffusion dans les différentes régions en impliquant les Partenaires techniques et financiers et les ONG.

La cérémonie a pris fin sur une visite guidée des différents stands des groupes agro-industriels et coopératifs de femmes qui ont présenté divers aliments et beignets produits à base de riz. Et sur la présentation d’engins agricoles modernes, de découpeuses motorisées d’échalote, de décortiqueuse, de trieuse calibreuse de grain, de semoir philippin en métal, de plastique et de broyeur de paille.

Oumar SANKARE