Mali : la transition soutenue par les partenaires

Depuis le début de la Transition, de nombreux dirigeants étrangers ont fait le voyage de Bamako pour rencontrer les nouvelles autorités. Ils étaient porteurs de messages de soutien et de solidarité. Le président et le vice-président de la Transition ont effectué aussi des déplacements dans des capitales de la sous-région

Les ambassadeurs de France et de Chine ont été les premiers diplomates reçus par le président nouvellement investi. Joël MEYER lui a réaffirmé la volonté des autorités françaises à accompagner le Mali dans ce moment crucial pour son histoire et son avenir, tout en indiquant que la France est un partenaire stratégique pour le Mali comme le Mali l’est pour la France. L’ambassadeur Zhu LIYING a aussi réitéré la volonté de la Chine d’accompagner notre pays pour passer ces moments difficiles. Le ballet diplomatique s’est poursuivi à Koulouba avec Pr Robert DUSSEY, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, porteur d’un message de soutien du président Faure GNASSINGBE à son homologue Bah N’DAW.
L’Allemagne et l’Inde sont deux pays disposés à soutenir la Transition. Le secrétaire d’État parlementaire allemand, Thomas SILBERHORN, en visite à Bamako, et l’ambassadeur de l’Inde Anjani KUMAR, l’ont réaffirmé au chef de l’État lors des audiences qui leur ont été accordées. Le Portugal participant déjà aux différentes missions internationales au Mali entend prendre toute sa place dans la lutte contre le terrorisme. Cette assurance a été donnée au vice-président par le ministre portugais de la Défense, Joao Gomes CARVINHO. De même, les États-Unis et la Russie souhaitent renforcer leur coopération sur le plan sécuritaire avec notre pays. Sur le plan économique, des résultats ont déjà été enregistrés.

Les investisseurs Abdul Jabbar Al SAYEGH et l’homme d’affaires émirati Hussain J. Al-Nowais ont annoncé au chef de l’État, il y a quelques semaines, des projets d’investissement. Le premier souhaite investir dans les domaines de l’or et de l’agriculture et le second a annoncé le démarrage prochain d’un projet énergétique dans notre pays. La ministre espagnole des Affaires étrangères et de l’Union européenne Arancha Gonzalez Laya en visite à Bamako a assuré au président Bah N’Daw, la reprise des activités du Programme de coopération espagnole au Mali et le démarrage imminent des échanges sur le Programme 2022-2025 qui sera doté d’une enveloppe de plus de 60 milliards de Fcfa.
La secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo dont l’organisation avait suspendu notre pays, en visite à Bamako a annoncé aux plus hautes autorités, leur intention de soutenir le Mali au cours de la Transition et au-delà, avec une feuille de route centrée sur les priorités.
Le soutien de l’Égypte, du Sénégal et du Réseau Aga Khan pour le développement reste constant. Leurs ambassadeurs et représentant l’ont exprimé au président de la Transition au cours des audiences qu’il leur a accordées.

VISITES À L’EXTÉRIEUR- Le Premier ministre Moctar Ouane a lui aussi reçu plusieurs partenaires venus exprimer leur accompagnement au Mali, notamment le ministre de la Défense nationale de la Mauritanie, Hanana Ould Sidi et l’envoyée spéciale de la Suisse pour le Sahel, Dr Marion Weichelt Krupski, avec lesquels, il a discuté de la consolidation de la coopération entre leurs pays et le Mali. Emanuela Claudia Del Re est venue explorer les voies et moyens de renforcer les relations entre Bamako et Rome et annoncer l’ouverture prochaine de la mission diplomatique de l’Italie au Mali. Au cours de la visite du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, cinq conventions ont été signées avec les autorités pour un montant global de plus de 92 milliards de Fcfa. Le Qatar aussi s’est dit prêt à soutenir les autorités de la Transition et à renforcer sa coopération avec le Mali. L’Union européenne (UE) et l’Union africaine (UA) entendent reprendre leurs activités d’accompagnement. De même que l’Algérie. Ces annonces ont été faites au Premier ministre par leurs représentants et ambassadeurs dans notre pays. En plus du soutien déjà acquis à l’intérieur, le président de la Transition a effectué des visites d’amitié et de travail au Ghana, au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau. Ensuite en Côte d’Ivoire, au Niger et en Guinée. Partout, il a été question du raffermissement des liens de coopération et d’amitié avec ces pays et de leur soutien à la Transition.

De son côté, le vice-président, le colonel Assimi Goïta, a effectué des visites au Togo, au Niger et au Ghana. Au Togo, il a évoqué avec le président Gnassingbé l’appui au Groupe de soutien de la Transition au Mali (GST-Mali) et les questions de paix et de sécurité dans la sous-région. Au Niger, le colonel Goïta était porteur d’un message de condoléances du président Bah N’Daw à son homologue Issoufou Mahamadou après l’attaque terroriste ayant coûté la vie à une centaine de personnes. Enfin, au Ghana, il a pris part à l’investiture du président Nana Akufo-Addo. Avant de rencontrer les présidents Alassane Ouattara, Macky Sall, Alpha Condé et le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat. Les échanges ont porté essentiellement sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme dans le Sahel ainsi que leur accompagnement pour la réussite de la Transition. Pour sa part, le Premier ministre Moctar Ouane est allé à Ouagadougou au Burkina Faso pour prendre part à l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré, réélu pour un second mandat. Au cours de son séjour, les deux hautes personnalités ont exploré les voies et moyens de consolider les relations de coopération entre les deux pays.
Il y a quelques semaines, les partenaires ont formalisé leur accompagnement à notre pays par la création du Groupe de soutien à la Transition au Mali (GST-Mali). Co-présidé par l’Union africaine, les Nations unies et la Cedeao, ce groupe se donne comme mission d’accompagner le Mali dans la mise en œuvre de la Charte et de la feuille de route de la Transition. Toutes ces initiatives prouvent que notre pays n’a jamais été isolé. Mieux, il a des amis et partenaires sur qui il peut compter et occupe toujours toute sa place dans le concert des nations.


Dieudonné DIAMA