Mali: La qualité des ressources humaines au centre des préoccupations

Le problème des ressources humaines de qualité se pose avec acuité au Mali.  A l’occasion des journées nationales des ressources humaines  (JNRH), qui seront célébrées les 5 et 6 décembre 2019 à l’hôtel  du cinquantenaire de Sikasso, en présence des directeurs des ressources humaines,  des gestionnaires experts et professionnels RH, des directeurs généraux  et chefs d’entreprise, des cadres dirigeants d’organisation; votre journal spécialisé en éducation et en entreprenariat ‘’La Réussite Mali’’ a rencontré pour vous le président du conseil national des Bureaux de placement et Entreprises de Travail temporaire du Mali (CONABEM):   Boubacar Toutou KANTE, non moins 2eme vice président Trésorier du conseil national du Patronat du Mali (CNPM), et parrain de la présente édition des JNRH.

La Réussite Mali: Veuillez nous présenter votre structure le CONABEM

Boubacar Toutou KANTE: Le conseil national des Bureaux de placement et Entreprises de Travail temporaire du Mali (CONABEM)  est une association des structures et cabinets conseils en ressources humaines du Mali.  Créée depuis 2006, il compte aujourd’hui 60 cabinets tous privés. Il est dirigé par un bureau de 12 membres qui couvre tout le territoire national.  Tous les secteurs des ressources humaines dont le recrutement, la  formation, la gestion administrative du personnel,  le coaching et tout ce qui a trait aux ressources humaines y figurent. Certains cabinets membres du CANABEM opèrent seulement au niveau local, tandis que  d’autres couvrent tout le territoire national, régional et international. Nous sommes affiliés au conseil national du Patronat du Mali (CNPM).

La Réussite Mali: A l’ occasion de la journée des Rh, le RH Mag et l’Association Malienne des Gestionnaires des Ressources Humaines (AMAGRH) organisent une rencontre à Sikasso pour débattre des thèmes relatifs à ce métier.  Êtes-vous associé à cela? 

Boubacar Toutou KANTE: Comme par le passé, j’ai toujours été associé aux JNRH à deux  titres: En tant qu’employeur, mon entreprise UPS-RH a été sollicitée pour le sponsoring de l’évènement. Ce que j’ai toujours fait avec plaisir. En tant que Président du conseil national des Bureaux de placement et Entreprises de Travail temporaire du Mali (CONABEM). Mon invitation de cette année est spéciale, car je suis le parrain de la présente édition. Mais delà de l’évènement, je voudrais rappeler quel’AMAGRH et le CONABEM sont deux poumons d’un même corps, et les deux  organisations travaillent sur la même matière (l’homme), dans le même espace (l’entreprise) avec les mêmes outils (Les ressources Humaines). Pour moi, les JNRH constituent la foire des professionnels des ressources Humaines en entreprise, et les consultants et cabinets en dehors de l’entreprise.

La Réussite Mali : Quelle est la problématique des RH, emploi et formation au Mali?

Boubacar Toutou KANTE: La problématique des RH, de l’emploi et de la formation au Mali est complexe. D’un côté, elle est dominée par la question de l’adéquation formation emploi. Les entreprises ont du mal à trouver les compétences nécessaires, car les formations d’aujourd’hui ne répondent pas  aux besoins des entreprises, c’est un problème fondamental. De l’autre côté, le chômage des jeunes qui manquent d’expériences. Concernant la formation professionnelle, les entreprises sont obligés d’investir dans la formation de leur personnel, afin d’atteindre leurs objectifs. Sur le plan institutionnel, la mise en place des textes d’application du code du travail est en cours. L’accord tripartite  signé entre l’union nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), le conseil national du Patronat du Mali (CNPM) et le gouvernement du Mali, a abouti à un relèvement de l’âge de départ à la retraite, dans le secteur public et à des augmentations de salaire dans certains secteurs.

La Réussite Mali: Pourquoi il y a tant de chômeurs au Mali, et pourtant chaque année, ce sont 300 000 chômeurs qui sont déversés sur le marché de l’emploi ?

Boubacar Toutou KANTE: Le taux élevé de chômage au Mali est la conséquence de plusieurs facteurs combinés. D’abord, les universités et les écoles produisent chaque année plus de 300.000 diplômés qui n’arrivent pas à s’insérer sur le marché du travail en raison de l’inadéquation formation/emploi. L’économie malienne est basée sur l’agriculture, l’élevage, les mines. Dans les panoplies des structures de formation, il y a très peu de  structures qui s’occupent de la formation en agriculture, en élevage, en pêche et dans les métiers des mines. C’est ce qui explique que les gens qui sortent des universités maliennes avec des formations,  ne sont pas employables sur le marché du travail. Pour lutter contre ce phénomène, il faudra former les gens  en fonction des besoins du marché de l’emploi. Et ce marché du travail aujourd’hui, c’est l’agriculture, c’est l’élevage, c’est la pêche et les métiers des mines. Voilà les mamelles essentielles de l’économie malienne. Tous les programmes de formations doivent tenir compte de ces réalités là. Ensuite, la persistance de l’insécurité paralyse le pays. Ce qui aboutit à un ralentissement de l’activité économique. Certains secteurs sont presque à l’arrêt (hôtellerie et la restauration, les agences de voyages et tourisme). Enfin, l’exode rural vide les campagnes de bras valides qui viennent grossi le lot de chômeurs dans les villes.

La Réussite Mali: A qui incombe cette responsabilité ?

Boubacar Toutou KANTE: C’est une question de la politique de l’éducation au niveau nationale. Heureusement, il y a des reformes qui sont en train d’être faites en ce moment, et qui commencent à corriger ces insuffisances. Et tout récemment, il y a un projet de construction d’une école des mines qui est en cours. Aussi, certaines écoles maliennes commencent à se spécialiser en agriculture, en élevage et en pèche. Ce sont des orientations très intéressantes et très bénéfiques pour notre pays.

Mais, seule une relance de l’économie adossée sur un ambitieux programme d’insertion des jeunes pourrait absorbée le chômage. Ce sont les grands travaux d’infrastructures, l’industrialisation, la création d’industries de transformation des produits locaux (coton, riz, karité, fruits et légumes etc) qui offrent des opportunités de recrutements massifs pour des emplois à long terme. L’installation des jeunes dans les activités agricoles pourrait absorbée un grand nombre de chômeurs.

La Réussite Mali: Quel est votre dernier mot ?

Boubacar Toutou KANTE: Je souhaite plein succès aux travaux des JNRH 2019 et vivement l’édition 2020

Propos recueillis par Isabelle DOVI

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