Mali: interview de SISSOKO Coumba SIDIBE, sur sa passion de femme chauffeur

À l’occasion de la célébration de la fête de 08 mars 2021, sur le « Leadership féminin pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 », le Mali, à l’instar de la communauté internationale, a célèbré les efforts considérables déployés par les femmes et les filles partout dans le monde, pour façonner un futur et une relance plus égalitaire, suite à la pandémie de Covid-19. Votre journal « La Réussite Mali »  a rencontré Mme SISSOKO Coumba SIDIBE. Elle fait du volontariat dans le domaine de la conduite de véhicule professionnel. C’était au Centre National pour la Promotion du Volontariat ( CNPV )

 Le journal « La Réussite Mali » : Veuillez-vous présenter s’il vous plait ?

Mme SISSOKO Coumba SIDIBE : Je suis mariée, mère de deux enfants. J’ai un diplôme en droit des affaires et une licence en communication des entreprises. Je suis aussi formatrice en entrepreneuriat.

Le journal « La Réussite Mali »: Quelles sont vos motivations en ce moment ?

Mme SISSOKO Coumba SIDIBE: Ma première motivation est de servir mon pays. Je vais apporter ma pierre à l’édifice national pour la construction de ce pays.  Ma deuxième motivation est le sentiment d’accomplissement de mes ambitions qui date depuis des années. 

Le journal « La Réussite Mali »: Comment avez-vous connu le CNPV ? 

Mme SISSOKO Coumba SIDIBE: Mon mari est venu me parler que le centre national pour la promotion du volontariat est à la recherche d’un chauffeur. Du coup, je me suis dite, pourquoi ne pas postuler, parce que conduire a toujours été ma passion. Donc, c’est dans cette perspective que je suis venue déposer ma candidature. 

Le journal « La Réussite Mali »:  Quel est votre dernier mot ?

Mme SISSOKO Coumba SIDIBE: Je suis heureuse et fière, parce que j’ai accompli une de mes ambitions, qui est d’être conductrice professionnelle. Je suis heureuse, je suis fière de moi. Les gens s’étonnent de voir une femme d’être chauffeur avec tous les diplômes et formation en plus volontaire. Mais moi, je les dis ce que les hommes peuvent faire et les femmes peuvent le faire. Donc il n’y a pas de différence chez moi, c’est la parité, l’égalité du genre. 

Le message que je lance aux autres femmes, est de se battre pour ce qu’elles veulent réellement, se fixer des objectifs et se donner les moyens de les atteindre, être toujours ambitieuses. Dans la vie, quand on n’a pas d’ambition, c’est zéro. 

REACTION DES TEMOINS

Ibrahim BAH : Chargé de communication du Centre national pour la Promotion du Volontariat 

Mes impressions par rapport à Coumba SIDIBE, sont des sentiments de joie, de voir une dame si brave, s’engager comme une femme chauffeur. Ce n’est pas tout le temps, qu’on voit ça. On a lancé l’appel à candidature pour le compte d’un chauffeur. Et elle a déposé ses dossiers. Au moment de sélection, on a vu les dossiers d’une dame, on n’en croyait pas, mais quand on l’a appelée pour l’interview, elle est venue. Vraiment, on sentait qu’elle est motivée et c’est une passion pour elle. Je ne peux que l’encourager dans cette voie et plein succès à Coumba. Ce n’est pas un emploi, c’est du volontariat. Le volontariat, c’est 2 ans non renouvelable, mais pendant ces 2 ans, elle aura la possibilité de faire ce qu’elle voulait, il y a très longtemps. Il s’agit aussi de son mari qui a vraiment accepté que sa femme puisse faire ce boulot de chauffeur. Conduire les hommes, n’est pas facile surtout dans notre société. 

Mme TRAORE Assitan DIAWARA, assistante comptable au centre national pour la promotion du volontariat

Ça me va droit au cœur, je suis fière. Il n’y a pas de différence entre une femme et un homme. Tous ceux que les hommes peuvent faire, les femmes peuvent les faire aussi. Donc je ne peux que la féliciter de la décision qu’elle a prise. Je l’encourage dans son ambition. Je sais que dans notre société, ce n’est facile de voir une femme chauffeur. Avec tout ça, elle a eu le courage de le faire. Donc je la félicite, bon vent, bon courage dans son nouveau travail. Dans notre société, ça peut porter beaucoup de préjudices. Le fait d’être toujours avec les hommes, conduire les hommes, cela amène les gens à penser à beaucoup de choses, surtout une femme mariée. Il faut avoir un homme compréhensible pour comprendre ça. Donc, ce n’est pas facile.

Propos recueilli Joseph SISSOKO