Mali: Démarrage des activités de transferts monétaires d’urgence aux ménages victimes de la covid-19

La salle de conférence de l’hôtel Salam a servi de cadre le vendredi 15 janvier 2021, à une conférence de presse en prélude au démarrage des activités  de transferts monétaires d’urgence, aux ménages impactés par la pandémie de la covid-19 au Mali. C’était sous la présidence du conseiller technique, chargé de filets sociaux au ministère de l’Economie et des Finances, Diakaridia DEMBELE, en présence du coordinateur du programme Jigissemejiri, Mahmoud Ali SAKO, du responsable du registre social unifié, Djibril THIAM, du directeur national de la Protection sociale et de l’Economie solidaire,  Mohamed Bassirou TRAORE, et du spécialiste des transferts monétaires Koulou FANE.

Organisée par l’agence de communication Master com, pour le compte du programme de filets sociaux  Jigisemejiri, cette conférence de presse vise à informer les populations sur le démarrage effectif des activités de transferts monétaires d’urgence aux ménages impactés par la pandémie de la covid-19 au Mali. ce qui permettra d’accroître l’accès aux transferts d’argent cibles aux ménages pauvres et vulnérables et de créer un système adaptif national de filets sociaux au Mali.

Selon le coordinateur du programme Jigissemejiri Mahmoud Ali SAKO, ce programme d’assistance sociale a été mis en place par le gouvernement du Mali,  avec l’appui financier de la banque mondiale, pour répondre aux effets économiques de la pandémie du coronavirus sur les populations les plus démunies du Mali. « Le programme doit atteindre un million de ménages bénéficiaires, selon les 3 critères de ciblage à savoir, les ménages très pauvres en difficulté alimentaire,  ceux infectés par la maladie de la covid-19 et ceux dont les activités ont fortement été affectées par la covid-19 », a énuméré Mahmoud Ali SAKO.

Répondant aux questions des journalistes, le responsable du registre social unifié, Djibril THIAM a indiqué, que les bénéficiaires de la première phase de ce projet de transfert d’argent, sont au nombre de 352 900 ménages. « Ils sont issus de l’actualisation des données du registre social unifié. Il s’agit des ménages très pauvres et vulnérables, déjà répertoriés par Jigisemejiri à travers la liste de l’agence nationale d’Assistance Médicale  (ANAM), du RAMED et de certaines ONG internationales, notamment celles du cadre commun et du programme KEY  de l’union européenne  et des populations déplacées » a expliqué Djibril THIAM.

Pour la deuxième phase, dira le directeur national de la Protection sociale et de l’Economie solidaire, Mohamed Bassirou TRAORE, il sera procédé à l’identification de nouveaux bénéficiaires par le comité de ciblage, composé des chefs de quartier ou de village, des présidents des associations de femmes et de jeunes, des leaders religieux  sous le contrôle des maires et des services locaux de développement social. « Les ménages recensés feront l’objet d’une enquête socioéconomique pour confirmer ou infirmer leur état de pauvreté et de vulnérabilité » a rassuré Mohamed Bassirou TRAORE.

Pour le spécialiste des transferts monétaires, Koulou FANE, chaque bénéficiaire recevra une somme de 90.000FCFA payable en tranche unique, par voie électronique. Selon lui, Orange money, la banque malienne de Solidarité (BMS) et la banque nationale de Développement Agricole (BNDA) sont les 3 structures sélectionnées, pour s’occuper de la distribution.

Quant au conseiller technique chargé de filets sociaux au ministère de l’Economie et des Finances,  il a salué l’expertise mise en place pour le pilotage du projet. A en croire les propos de Diakaridia DEMBELE, les contraintes liées à la covid-19 ne permettent pas de conduire le ciblage participatif social habituel. Par conséquent, il sera fait au moyen de la plateforme du registre social unifié du ministère des affaires sociales et sur la base des listes de ménages locales existantes, afin de cibler les ménages ayant basculé en insécurité alimentaire à la suite de la crise sanitaire. La sélection s’appuiera également sur un groupe d’informateurs clefs et le croisement des listes établies.

A rappeler que la fermeture des frontières, le confinement et les perturbations sur les marchés ont touché à la fois l’offre et la demande des produits alimentaires et des intrants agricoles. Ce qui a engendré une réduction des volumes d’échanges et une fluctuation importante des prix. Parmi les victimes on dénombre  beaucoup de ménages agricoles et pastoraux dont les activités génératrices de revenus ont été suspendues ou fortement touchées par la pandémie. Les mesures en vigueur ont entrainé la rupture de l’approvisionnement en intrants, le retard de la préparation des champs et la réduction des déplacements du bétail. Par ailleurs, la baisse de la demande nationale et internationale a contraint les producteurs à conserver leurs cheptels et leurs productions jusqu’à la reprise des marchés.

Charles MESSE