Mali : Bataille rangée autour de la reconnaissance du diplôme d’architecture

le professeur Abdoulaye DEYOKO , Directeur Général de l’ESIAU

Le siège de l’Ecole Supérieure d’Ingénierie, d’Architecture et d’Urbanisme (ESIAU) a servi de cadre ce mardi 26 mars 2019 à la tenue d’une conférence de presse. Une occasion pour le professeur Abdoulaye DEYOKO, de dénoncer l’acharnement par lequel, l’ordre des Architectes du Mali (OAM) cherche à discréditer son école qui pourtant est autorisée par l’Etat malien. Pour l’instant, les sortants

Dans son introduction liminaire, le Directeur de l’ESIAU, professeur Abdoulaye DEYOKO a indiqué à la presse que depuis un certain temps, des informations véhiculées par l’ordre des architectes du Mali et des personnes malintentionnées font état de l’illégalité des formations de l’ESIAU, et par conséquent, cherche à mettre en danger l’employabilité de ses diplômes d’une part, et discréditer définitivement l’école d’autre part, alors que son établissement universitaire a obtenu son autorisation de création  suivant l’arrêtée numéro 05-3102/MEN-SG du 28 décembre 2005, a été autorisée à ouvrir  par arrêtéenuméro 06-1987/MEN-SG du 13 septembre 2006, a obtenu la reconnaissance de son diplôme d’architecture  par l’arrêtéenuméro 2019-4114/MESRS-SG du 23 novembre 2010, fixant la liste des filières  de formations habilités  de certains établissements privés d’enseignement supérieurs .

Répondant aux questions des journalistes, Abdoulaye DEYOKO, Fousseini SACKO et Elie ADJATI, respectivement Directeur de l’ESIAU, Présidant et Secrétaire général de l’Association des anciens Etudiants de l’ESIAU, ont souligné que l’ESIAU est la seule école privée d’architecture au Mali, et la première école privée en Afrique au sud du Sahara à être habilité à délivrer un diplôme master en Architecture , en urbanisme et en génie civil. Une école où les ressortissants des 8 pays de l’UEMOA sont inscrits. Depuis sa création, ESIAU a reçu beaucoup de distinction honorifique, de reconnaissances de mérites, les institutions du monde telles que la Banque mondiale, l’Unesco, des chancelleries ont fait confiance en cette école qui travaille en collaboration avec l’Ecole Nationale d’Ingénieur (ENI-ABT) du Mali. Cependant à cause du comportement de l’ordre des architectes du Mali, il y a eu beaucoup de départs cette année.

Interrogé ce vendredi 29 mars 2019 au téléphone, le président de l’Ordre des Architectes du Mali Cheick Saabou Moussa KANTE a reconnu que l’ordre est en guerre contre ESIAU pour des raisons qu’il énumère en ces termes: 

« Tout d’abord, le bâtiment abritant le siège de l’ESIAU n’est pas adapté pour un enseignement du genre. Ensuite, la bibliothèque n’est pas assez fournie, le niveau du corps professoral n’est pas à la hauteur, les programmes ne sont pas conformes aux normes de l’union Internationale de l’Architecture (UIA)» a cité le président KANTE.

Toutefois, il reconnait que l’Etat a la charge d’accréditer et d’autoriser l’ouverture d’une école privée. « Mais il revient à l’Union Internationale des Architectures (UIA) de juger de la validité d’un diplôme d’architecture, car c’est elle seule qui en a la compétence. L’Etat n’a pas cette compétence. C’est comme les affaires entre la Fédération Malienne de Football et la FIFA, l’Etat ne peut pas s’ingérer » a conclu Cheick Saabou Moussa KANTE.

On se rappelle le samedi 28 octobre 2018, lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’ordre des Architectes du Mali tenue au CNPM, le président de l’ordre des architectes du Mali Cheick Saabou Moussa KANTE a indiqué

« Nous sommes des ordres professionnels créés par l’Etat et nous sommes surpris de constater que les services techniques de l’Etat cherchent à faire notre métier à notre place. Ce n’est pas juste. Le marché est restreint, et les entrepreneurs maçons et professionnels du BTP venus de la sous régions, du Bénin, du Togo, s’érigent tous en architecte pour obtenir des marchés dans notre pays. Nous irons en guerre pour assainir le métier. »

Est-ce véritablement l’assainissement du métier qui occasionne ces passions, ou la restriction du marché d’architecture au Mali ? Difficile de répondre par l’affirmatif pour l’instant, seulement tout laisse à croire qu’il s’agit là d’un règlement de compte, lorsqu’on sait que ceux qui s’acharnent plus contre cette école au sein de l’ordre étaient tous, des anciens enseignants de l’ESIAU.

Joseph SISSOKO

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