FMI-Mali: 200 millions de dollars US, pour un nouveau programme économique

La salle de conférence du ministère de l’économie et des finances a servi de cadre le mardi 25 juin 2019 dernier à la conférence de presse organisée par le ministère au terme de la mission du Fonds monétaire international (FMI) au Mali du 12 au 25 juin 2019. La cheffe de mission du FMI, Boriana YONTCHECA et la ministre malienne déléguée chargée du Budget, auprès du Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Mme BARRY Aoua SYLLA, ont souligné que l’examen du dossier est prévu pour fin août prochain.

Cette mission du FMI s’inscrivait dans le cadre des discussions relatives à un nouveauprogramme triennal économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) d’un montant d’environ 200 millions de dollars, sous réserves de l’approbation par la direction et le conseil d’administration de l’institution de Bretton Woods. Les objectifs clés du programme sont de maîtriser les dépenses et renforcer la mobilisation des recettes par la poursuite des réformes d’administration fiscale. La mission du FMI encourage les réformes visant à renforcer la gouvernance et l’efficacité du secteur public et à améliorer le climat des affaires.

La cheffe de mission du FMI, Boriana YONTCHECA  indique que le Fonds s’est engagé à poursuivre son programme avec le Mali, grâce aux résultats encourageants du pays, dans la dernière FEC qui a pris fin en décembre 2018. Cette décision provisoire selon elle, doit être confirmée. Elle est également consécutive aux résultats positifs constatés et enregistrés par le Mali, depuis le début de cette année et des bonnes perspectives attendues.« Le déficit budgétaire de l’État devrait respecter le critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) de 3% du PIB 2019. A cet effet, certains des objectifs clés du programme sont de maîtriser les dépenses et renforcer la mobilisation des recettes par la poursuite des réformes de l’administration fiscale », a expliqué Boriana YONTCHECA. La cheffe de mission a précisé que les autorités maliennes ont commencé à mettre en œuvre des mesures correctives pour remédier à la forte détérioration des recettes fiscales enregistrée en 2018. A en croire Boriana YONTCHECA, elle espère que ces efforts de modernisation de l’administration fiscale devront s’accompagner de mesures d’amélioration de la taxation du secteur minier, du prélèvement des recettes sur les produits pétroliers, la propriété foncière, d’une rationalisation des exonérations fiscales, et d’une accélération de la numérisation des procédures d’acquittement de l’impôt.

Pour la ministre déléguée chargée du Budget Mme BARRY Aoua SYLLA, ce programme, qui était l’occasion d’échanger sur le cadre macroéconomique et les réformes nécessaires à mettre en œuvre, vise à créer les conditions d’une croissance vigoureuse et durable. Afin, de créer l’espace budgétaire nécessaire au profit des secteurs sociaux et les infrastructures de développement. « Les autorités maliennes s’engagent également à reformer le secteur de l’énergie afin de permettre un retour à l’équilibre financier de la société publique d’électricité EDM.SA à moyen terme tout en garantissant un meilleur approvisionnement des populations en électricité » a précisé Mme BARRY Aoua SYLLA

En répondant aux questions des journalistes, les conférencières ont précisé que les deux parties sont parvenues à un accord préalable sur un nouveau programme économique et financier soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce nouveau programme vise à favoriser une croissance forte et inclusive et la réduction de la pauvreté par des investissements dans les infrastructures et les secteurs sociaux, et à stimuler la création d’emplois, notamment pour les jeunes. En mettant en œuvre ces politiques, le Mali sera en mesure de créer de l’espace budgétaire pour un meilleur redéploiement de l’Etat dans les régions du Centre et du Nord du Mali, l’investissement dans les secteurs sociaux et les infrastructures.

A noter que le nouveau programme sera ancré sur la nouvelle stratégie de développement du Mali dénommée  « CREDD 2019-23 » et sa mise en œuvre nécessitera des reformes pour la modernisation de l’administration fiscale, l’amélioration de la taxation du secteur minier, du prélèvement de recettes sur les produits pétroliers, de la propriété foncière, d’une rationalisation des exonérations fiscales (dont celles accordées au secteur minier), et d’une accélération de la numérisation des procédures d’acquittement de l’impôt.

Joseph SISSOKO

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