Editorial de Charles MESSE: Un possible hausse du prix des hydrocarbures au Mali, dues au Covid-19

Longtemps épargné, le Mali vient d’avoir ses premiers cas testés positifs de la maladie à Coronavirus (18 cas en 3 jours). L’ampleur et la persistance des effets de cette maladie, demeurent très incertaines, car personne ne sait combien de temps cela va durer. Déjà, la commission Economique pour l’Afrique (CEA) avait mis en garde que la crise actuelle du coronavirus peut sérieusement compromettre la croissance déjà stagnante de l’Afrique avec les pays exportateurs de pétrole perdant jusqu’à 65 milliards de dollars de revenus, alors que les prix du pétrole brut continuent de chuter.

Plus rien ne sera comme avant après l’épidémie de la maladie à coronavirus. Plusieurs économistes maliens sont de cet avis. Selon les estimations des milieux d’affaires, la crise a déjà engendré des pertes énormes avec la fermeture des frontières des pays exportateurs ou de transit du carburant.

Si les confinements se poursuivaient, le Mali étant une économie de consommation avec 90% de produits importés, on pourrait s’attendre à une augmentation du prix des produits de consommation, du moment où la productivité va baisser, l’offre diminué et le prix va augmenter. Ce qui va entrainer à coup sûr, l’augmentation des prix de transports, et des produits importés qui sont forcement lié au prix du pétrole, surtout lorsqu’on sait que les économies de production et de consommation sont toutes interconnectées.

Or, il s’avère que depuis quelques jours, l’on constate une baisse drastique des produits pétroliers dans les pays producteurs, qui a amené les représentants des 14 membres de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont six pays africains (le Nigeria, l’Angola, l’Algérie, la Libye, le Gabon et la Guinée-Équatoriale), à  se rencontrer en mars 2020 à Vienne en Autriche, pour élaborer une stratégie, afin de contrer la chute des cours du baril de Brent à Londres. En effet, les cours du pétrole ont fléchi de 21 % depuis le 20 janvier 2020,  le cours du Brent a encore davantage plongé de 8,3 % sur la seule journée du 6 mars à 45,3 dollars en fin d’après-midi, soit son plus bas niveau depuis la fin 2018 en lien avec l’épidémie de Covid-19.

Au-delà de l’urgence de santé publique, le Covid-19 a commencé par  menacer sérieusement toute l’économie du Mali. Des effets qui semblent partis pour durer dans tous les domaines économiques, à condition que le remède ne soit trouvé pour soulager les populations des conséquences engendrées par le Covid 19.

Espérons d’ici là, une bonne nouvelle, pour la levée de toute barrière sur les économies !

Charles MESSE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.