Editorial de Charles MESSE: Le Covid plaide en faveur des PME/PMI auprès des Banques !

Au regard de l’impact négatif que la crise engendrée par le covid 19, pourrait avoir sur le système bancaire et le financement de l’activité économique, le conseil de ministres de l’union Economique et Monétaire ouest Africaine (UEMOA) s’est réuni en session extraordinaire par visioconférence, le 20 mars 2020 pour examiner les répercussions économiques et financières de la pandémie mondiale due au Covid-19 sur les pays de l’UEMOA. Cette situation se traduira par une baisse de la croissance économique, une hausse du chômage et des impacts négatifs sur plusieurs secteurs d’activité, notamment le tourisme, le transport, le BTP, le commerce, l’industrie et le secteur financier,  a annoncé le communiqué qui a sanctionné cette réunion.

Ainsi donc, la Banque centrale, a décidé d’augmenter les ressources mises à la disposition des banques, afin de permettre à celles-ci de maintenir et d’accroître le financement de l’économie. A cet égard, une première hausse de 340 milliards de FCFA a été apportée au montant que la Banque Centrale accorde chaque semaine aux Banques, pour le porter à 4.750 milliards de FCFA.

Si le confinement  et la distanciation sociale sont la bonne prescription du gouvernement malien pour lutter contre l’impact de Covid-19 sur la santé publique, le rapprochement est nécessaire pour garantir l’économie malienne. Dans ce cadre, la BCEAO a pris l’initiative de faire la cotation de 1.700 entreprises privées dont les effets n’étaient pas acceptés auparavant dans son portefeuille. Cette action permettra aux banques d’accéder à des ressources complémentaires de 1.050 milliards de FCFA et aux entreprises concernées de négocier et bénéficier de meilleures conditions pour leurs emprunts.

Plusieurs PME/PMI sont celles qui ont poussées un ouf de soulagement à l’écho de cette nouvelle mesure. Mieux, d’autres n’en croient pas à leurs oreilles telle, la nouvelle est surprenante. Comment pourrait-il en être autrement, lorsqu’on sait que depuis longtemps déjà, le problème de financement des PME/PMI par les banques, demeure jusqu’à nos jours, la plus grande difficulté des entrepreneurs. Des panels de haut niveau et des dialogues mis en place à cet effet,  n’ont  pu rien apporter pour régler la question.

Au Mali, les petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI) représentent 70% des entreprises du secteur privé malien, et sont surtout, de véritables pourvoyeurs d’emplois. Elles sont des entreprises formelles, dont l’effectif ne dépasse pas 200 employés permanents et le chiffre d’affaires HT annuel n’excède pas 1 milliard FCFA.

En se mettant dans la posture de défenseur des PME/PMI et en décidant de sensibiliser les banques à l’utilisation des ressources disponibles sur le guichet spécial de refinancement des crédits accordés aux petites et moyennes entreprises (PME/PMI), la BCEAO vient d’activer le moteur de croissance de l’économie malienne, pour contrer les effets de covid 19 sur l’économie malienne.

Si avant l’avènement de covid 19, les PME courent en vain derrière les banques qui les méprisent, aujourd’hui avec Covid 19, la tendance est inversée. Ce qui veut dire que Covid 19 n’a pas fait que des malheureux, mais aussi des heureux. Sous d’autres cieux, Covid 19 a aussi permis la promotion des écoles et universités qui offrent des formations essentiellement en ligne où le contact physique n’est pas nécessaire aux apprenants. C’est le cas de l’Université Virtuelle du Mali Kingui, (UVM-UVPP KINGUI) qui a profité de cette situation de fermeture des écoles et université du Mali, pour lancer son lycée de formation à distance. C’est une aubaine due au covid 19.

Le covid 19 serait-il la pire et la meilleure des choses au Mali!

Charles MESSE

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