COVID-19, éducation en Afrique et recours aux technologies

Les bonnes pratiques ne connaissent pas de frontières

L’Afrique offre probablement le plus large échantillon de situations qu’il soit possible d’imaginer : des régions développées et d’autres peu, des systèmes politiques efficaces et d’autres en déliquescence, des démocraties et des autocraties, des régions bien desservies par les réseaux électriques et de communication et d’autres non.

Au niveau éducatif, la situation varie tout autant. Seul le réseau de l’enseignement primaire couvre pratiquement toute la population. Au niveau secondaire on parle de moins de 40 % de la clientèle potentielle qui complètera ses études. Le niveau universitaire demeure réservé à une élite, moins de 20 %.

Un rapport sur ce qui fonctionne

Le rapport du réseau eLearning Africa  a permis de recueillir environ 1 650 réponses de personnes vivant dans 52 pays d’Afrique en réponse à la situation provoquée par la Covid.  52% des répondants sont directement impliqués dans le secteur de l’éducation et 9% dans le secteur des TIC. 71% travaillent pour des organisations gouvernementales ou à but non lucratif et 21% pour des entreprises à but lucratif. 40% sont des enseignants/chargés de cours/professeurs, et 13% sont des entrepreneurs ou des spécialistes des TIC ou de l’EdTech. L’échantillon représente un groupe d’experts plutôt qu’un échantillon représentatif de la population, mais les résultats de l’enquête sont significatifs.

Dans le contexte africain, l’effet de la fermeture des écoles en raison de la Covid a des effets importants surtout si on considère qu’au niveau primaire les technologies sont moins utilisées et moins accessibles. Dans la majorité des situations, ni les enseignants, ni les familles sont en mesure de suppléer à la fermeture des écoles et d’assurer la continuité de la formation.

Qu’à cela ne tienne, personne n’est resté les bras croisés : dans tous les environnements, riches ou pauvres, des ressources originales ont été mobilisées : radio, télévision, compagnies de téléphone, entreprises privées et publiques.  Si les succès n’ont pas partout été au rendez-vous, ils ne dépendaient pas tant de la richesse du milieu que de la qualité de la communication entre tous ceux impliqués : écoles, ministères, enseignants, parents, enfants. Meilleures sont les communications et la participation, meilleures ont été les solutions.

La formation à distance en ligne n’était pas au départ une solution réaliste pour la majorité de la population. Peu y étaient préparés. Les formules technologiques les plus efficaces semblent avoir été l’utilisation de la radio et de la télévision couplée à des sites scolaires de téléchargement de documents par téléphone mobile en complément. Mais rien ne remplace la participation des communautés et des parents.

La pandémie a été l’occasion de s’ouvrir à de nouvelles façons d’enseigner et d’utiliser les technologies. L’expérience et la formation acquise par tous les intervenants et participants ne sera pas perdue…

Pour le rapport complet : Impact de la pandémie de COVID-19 sur l’éducation en Afrique et incidence sur le recours aux technologies – eLearning Africa – psf – 85 pages.
https://www.elearning-africa.com/conference/ressources/pdfs/surveys/The_effect_of_Covid-19_on_Education_in_Africa_fr.pdf